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La pêche du sandre au bouchon entre deux eaux

La pêche du sandre au bouchon équipé d’un vif comme appât est une technique très ancienne qui nous a été transmise par les pêcheurs de brochet. Le montage et la technique se sont affinés pour le sandre qui est plus tatillon. Néanmoins, elle a peu évolué par rapport à d’autres techniques où nous employons du matériel sophistiqué et très performant. En revanche, notre raisonnement a totalement changé sur la stratégie de pêche à adopter en fonction du type de poste pratiqué et des conditions climatiques rencontrées. Désormais en connaissant mieux le comportement du sandre qui est un carnassier pas toujours facile à cerner, adaptons-nous aux différentes situations…

LA PRATIQUE

Je me suis aperçu depuis fort longtemps que les bancs de sandres ont la particularité de se déplacer dans la colonne d’eau en fonction de sa température et de la hauteur de la thermocline. Ce phénomène est très bien identifié en lac. Pour ce qui est de la rivière, le phénomène est moins marqué, pourtant il en est de même. Tôt le matin et ce jusqu’à ce que le soleil éclaire bien l’eau, les poissons sont décollés… Jusqu’aux premiers grands froids, une technique très productive est la pêche au bouchon qui nous réserve de belles surprises. Néanmoins vous devez user de quelques subtilités pour augmenter votre efficacité vis à vis des poissons les plus chipoteurs.

Qu’est ce que la thermocline ?

La thermocline a une importance primordiale dans les lacs. Elle correspond à la couche d’eau où la température est constante. Au-dessus, l’eau est plus chaude et sa température varie. Au-dessous, l’eau est plus froide et la température varie également. Pendant l’hiver, ce phénomène s’inverse :La couche d’eau chaude est au-dessous et l’eau froide passe au-dessus. Les poissons blancs se situent par nécessité dans la zone de confort, là où la température est la plus stable par économie d’énergie. Les carnassiers, opportunistes, savent pertinemment où se situe la nourriture dans la colonne d’eau, ils n’ont pas besoin de thermomètre.

Des poissons capturés entre deux eaux en rivière

Plusieurs sandres capturés au leurre en rivière m’ont démontré que ces carnassiers ne sont pas toujours situés là où on le croit. A différentes périodes de l’année, il m’est arrivé à maintes reprises de capturer un sandre à l’instant précis où mon leurre a touché l’eau ou encore à un mètre sous la surface, en ramenant rapidement sur les derniers mètres. Depuis mon avis a changé sur ce carnassier. De l’été à l’automne, je ne le recherche plus sur les mêmes zones qu’autrefois. Que ce soit en lac ou en rivière à courant lent, la thermocline a une importance bien marquée sur le placement des proies et des prédateurs dans la colonne d’eau.

Quel type de poste exploiter ?

  • Dans une rivière à courant lent
  • Dès le mois de juillet et jusqu’à fin septembre, les sandres se déplacent vers les secteurs les plus perturbés. Ils transitent sans doute vers les zones les plus oxygénées où se cantonne une grande quantité de poisson fourrage. Bon nombre de pêcheurs locaux ont observé ce phénomène en oeuvrant à l’aval des piles de pont où se forment les plus gros remous. Vous recherchez tout d’abord un pont, une île, un coude ou un goulet sur la rivière, un poste où le courant va accélérer en formant des meuilles plus ou moins visibles depuis la surface. Si vous choisissez un de ces secteurs, il est préférable de pratiquer à poste fixe. A un moment précis les sandres vont se déplacer pour chasser vers ces zones. Ils se mettront sans doute en quête de nourriture car ces espaces sont poissonneux.
  • En lac
  • Les rives les plus exposées au vent semblent le mieux appropriées pour pratiquer une pêche au bouchon. L’eau brassée par les vagues est beaucoup plus oxygénée, ce phénomène rassemble le poisson fourrage. Vous retrouvez cette oxygénation sur les ouvertures provoquées par les baies où le vent vient s’engouffrer dans ces rétrécissements. Une sortie de rivière ou une source peut également rassembler de nombreux poissons blancs. N’oubliez pas non plus les forêts immergées où le courant du lac vient frapper. Cherchez la terminaison de cette zone qui risque de vous apporter de nombreuses captures au bouchon.

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La pêche au bouchon

Elle reste la technique la plus adaptée pour ces pêches entre deux eaux. En effet, elle permet de présenter l’appât à une hauteur intermédiaire très précise. Un leurre ou une monture à manier ne serait pas aussi efficaces pendant la période où vous exploiterez le poste.

Le matériel :

La hauteur de pêche

  • En eau calme, sur des fonds de 3 à 10 m, vous recherchez les poissons à mi-hauteur, après avoir pris soin de sonder les lieux avec une sonde accrochée à la ligne. En disposant de plusieurs cannes vous disposez de plus de combinaison pour les hauteurs de pêche : en réglant une canne à 1/3 de la hauteur totale et la seconde au 2/3. Avec trois cannes c’est encore mieux puisque vous agirez en réglant les hauteurs de pêche en quart : 1/4, 1/2 et 3/4 de la hauteur totale. Dans tous les cas de figure vous ne positionnerez pas de canne sur le fond en début de journée ni en fin de journée lorsque les poissons sont décollés. Dés qu’une canne part, empressez -vous de régler les autres cannes à la même hauteur que celle-ci.
  • En eau perturbée, l’effet du courant a une importance plus grande que la thermocline sur le positionnement des poissons : dans ce cas de figure, les différences de température ne peuvent être constatées en cours de journée. On peut considérer que les vifs sont là aussi décollés pour franchir les obstacles de différents niveaux.
    Les sandres ont tendance à remonter les courants plaqués derrière les obstacles pour les franchir sans dépenser leur énergie en luttant contre les remous. Ils décollent pour chasser dans la couche de vifs positionnés plus haut dans la colonne d’eau. Vous n’opérerez pas de là même façon qu’en eau calme car en présence de courant vous aurez beaucoup de mal à gérer plusieurs cannes.
    Du bord, une seule canne tenue à la main est suffisante. Vous devez toutefois varier la profondeur de pêche en cours de journée, de la mi-hauteur en vous rapprochant du fond jusqu’à le toucher et ceci assez souvent. Vous pouvez en opérant de la sorte intercepter les sandres qui remontent ou ceux qui chassent.
    En bateau, ce sera plus facile, car tout au long de la journée vous laisserez une de vos cannes évoluer avec l’appât près du fond. Cette canne est en général laissée très proche du bateau, fil tendu pour éviter d’avoir à vous en occuper en permanence.
  • L’action de pêche

    Après avoir réglé la bonne profondeur du montage, vous piquez délicatement le vif par le museau. C’est la méthode la plus sûre pour que celui-ci évolue naturellement. Lorsqu’il y a du courant les passées se font trois quart amont en retenant légèrement le bouchon sur sa descente. En eau calme les bouchons sont surveillés, à la moindre anomalie, la canne est prise à la main. Le pick-up est ouvert, en tenant le fil dans une main et en restant sur vos gardes pour libérer du mou en cas de départ. Dans les meuilles, vous retenez la ligne quelques instants lorsque le bouchon a tendance à tourner à l’intérieur de celle-ci. La passée se termine lorsque le bouchon se met à plat sur le bas du courant.

    Le départ

    Le « toc » de la touche est perçu bien avant que le bouchon ne plonge. Vous relâchez du mou, sans toutefois perdre le contact. Le bouchon plonge rapidement en partant vers le large. Efforcez-vous de toujours rester en liaison avec le sandre qui prend quelquefois beaucoup de fil.
    Si le poisson reste devant vous, attendez qu’il ne redémarre avant de le ferrer. S’il part au large, nul besoin d’attendre car il a du engamer sa proie. Fermez le pick-up et ferrez énergiquement.

    Cette pêche est très agréable, elle procure des sensations à nulle autre égalée. Et malgré son apparente facilité, c’est une technique qui demande un minimum de réflexion, d’observation et de maîtrise. Les carnassiers se déplacent, sachez anticiper leurs futurs passages.

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