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SUEDE

Dragsö, « le royaume du brochet »

Les immense fjords de Suède sont très riches en brochets, Dragsö presqu'île de la baltique est surnommé : »the kingdome of pike » Nous sommes partis explorer les lieux en Mai 2005

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L'AVENTURE :

C'est le 16 mai 2005 que je m'envole avec Claude Gatti pour un voyage de pêche au brochet en Suède. Cette destination n'a pas été choisie au hasard puisque nous nous rendons à Dragsö surnommé par les Suédois. " The kingdom of pike"(le royaume du brochet). Soucieux de ne pas décevoir ses clients, monsieur Gatti veut être sûr de distribuer un produit méritant son appellation. Nous décidons de pêcher intensément ce site pendant quatre jours en pratiquant différentes techniques en bateau et du bord.

Situation géographiqueNotre vol atterrit à Copenhague, de là nous prenons un train qui parcourt environ 60 km et finit par traverser un immense pont reliant le Danemark à la Suède pour arriver à la ville de Malmö. Nous récupérons ensuite une voiture de location pour nous rendre au sud-est de la Suède à environ 260 km, dans la ville de Karlskrona, presqu'île située sur la baltique. C'est une base navale avec un port très sympathique qui accueille de nombreux touristes chaque année. Cette ville est très bien achalandée en commerces de tout genre, nous nous y arrêtons pour faire les courses du séjour. Nous achetons une carte marine pour la navigation entre les îles et dénichons le magasin d'articles de pêche très bien achalandé en leurres de toutes sortes. Il nous renseigne précieusement. Nous poursuivons notre route en traversant la presqu'île de Salto pour arriver à destination quelques minutes plus-tard au campement sur la fameuse presqu'île de Dragsö.

Description du camp Le camp de pêche regroupe une dizaine de chalets, tous situés à quelques mètres de l'eau. Ils sont aménagés pour accueillir 4 pêcheurs. Chacun dispose d'une terrasse aménagée équipée de supports de cannes sur le côté, c'est une idée très pratique qui va nous faire gagner du temps chaque matin en nous évitant de remonter les cannes. Les chalets ne sont pas très spacieux mais ils sont assez coquets. Ils disposent d'une salle à manger avec un coin kitchenette, d'une salle de bain et d'une seule chambre avec deux lits superposés. Pour trois pêcheurs, c'est l'idéal. Le camp est immense, il peut recevoir 300 emplacements pour caravanes et tentes. De nombreux aménagements ont été créés : port à bateaux, mise à l'eau, cabane de pêche, mini golf, de nombreux pontons pour pêcher du bord. Une baie à l'entrée du camping a été aménagée spécialement pour la baignade et dispose d'un toboggan pour les enfants. Tout a été conçu pour que les touristes s'y sentent bien. En face de l'accueil, un magasin peut fournir dès la fin mai toutes les denrées de première nécessité.

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Le port à bateau Située en face de notre chalet, une deuxième baie très large et peu profonde accueille le port à bateaux. De nombreuses embarcations sont attachées le long d'un ponton assez long partant vers le large. L'eau est très claire, j'aperçois de nombreux vifs entre les herbiers. Les Suédois passent la majorité de leur week-end en symbiose avec la nature. Nombreux sont ceux qui disposent d'une habitation secondaire proche de l'eau avec une embarcation. Dès les premiers beaux jours, ceux qui ont moins de moyens viennent dans les campings, de nombreuses caravanes sont déjà en place tout autour de la baie.

Découverte de la presqu'île Pour un premier contact avec les lieux, nous faisons un tour à pied, en suivant l'allée centrale qui nous conduit très vite sur un chemin en pleine nature. Nous avons bien sûr emmené nos cannes et avons sélectionné quelques leurres. Nous nous enfonçons vers l'arrière de la presqu'île, pour nous protéger du vent, de nombreux rochers de tailles imposantes émergent de l'eau. Je choisis une petite baie, Monsieur Gatti pêche plus en amont sur un ponton. Mon premier lancer est gratifié par un coup de nez sur la cuiller Mepps N°2 blanche. Je n'en crois pas mes yeux et c'est au terme d'un combat assez court du fait que l'eau n'est pas très profonde, que j'extirpe de son élément un joli brochet de 5 livres. Mon coéquipier est stupéfait. Le brochet a une magnifique robe avec des nuances de couleurs très proches de nos brochets français. Nous insistons pendant une bonne heure en nous dirigeant doucement en direction de notre chalet, mais aucune autre touche n'est enregistrée. Le paysage est grandiose, rochers, îlots, de nombreuses baies bordées de roselières, vivement demain.

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Départ en bateau Nous embarquons avec notre guide, qui n'est autre que le fils du maître des lieux. David est lieutenant dans la marine suédoise. Profitant d'une permission, passionné de pêche, il nous accompagne pour notre première journée de découverte.
Une barque en aluminium très spacieuseLa barque est une Master de 5 m en aluminium. Elle est très spacieuse et peut embarquer facilement 4 personnes. A 3 pêcheurs, nous disposons d'un certain confort. La motorisation est assurée par un moteur Yamaha de 25 CV arbre court, avec démarrage électrique et trim qui est utilisé chaque fois que nous passerons sur des hauts-fonds. Le camp de pêche dispose de 12 bateaux équipés, dont 6 de ce type. C'est la première fois qu'un loueur offre u ne prestation de cette gamme. C'est un point très positif lorsqu'on connaît les distances à parcourir dans ces immenses fjords de la Baltique. C'est également un élément de sécurité lorsque le mauvais temps se lève et qu'il faut rentrer très rapidement.
Nous respectons les règles de navigation en enfilant tous les trois notre gilet de sauvetage. La barque à fond plat file à vive allure en direction du large. Nous passons à deux reprises sous des petits ponts où la vitesse est réglementée à 5 km heure. C'est au terme d'une quinzaine de minutes de navigation, que nous arrivons sur les premiers postes. David monte sur sa canne un très gros zalt et pratique la technique suédoise qui consiste à animer le leurre par secousses brèves. Pour ma part, j'emploie des leurres de petite taille que je change assez souvent. Nous voyons à l'approche du bateau sur les hauts fonds, de nombreux départs de brochets provoquant des nuages de boue dans l'eau claire. En 2 heures de temps, malgré tous nos efforts, nous n'enregistrons aucune touche sur les poissons nageurs. Il est 10 heures et le soleil commence à réchauffer l'eau. Je décide de monter une cuiller tournante en repensant au poisson de la veille. Je reprends ma cuiller Mepps °2 blanche que je travaille tout doucement entre deux eaux en passant juste au-dessus des herbes. Instantanément j'ai une attaquer sérieuse, le poisson n'arrive pas à sonder et s'appuie sur les herbiers. Le combat est encore assez bref, à deux reprises le brochet tape dans le bateau en arrivant à proximité. C'est un beau brochet de 8 livres qui se raidit dans le bateau. Il a plusieurs coups de dents sur les flancs. Ce poisson a vraisemblablement frayé il y a peu de temps. Suite à cette capture, monsieur Gatti change son rapala contre une cuiller identique à la mienne. L'effet est immédiat, il capture sur la même zone, un poisson sensiblement identique. Nous allons mettre à sec 3 autres brochets jusqu'à l'heure du déjeuner. L'après-midi la cuiller ne nous rapporte qu'une prise. Sur ma demande David a amené quelques perches mortes pour essayer la technique du mort manié. Je concocte une monture à poisson mort dont j'enlève la chevrotine. J'intègre seulement 1 à 2 gr de plomb entortillé à une cinquantaine de centimètres de l'appât. L'action de pêche est une sorte de tirette très délicate qui fait glisser la perche au-dessus des herbes. Un temps d'attente est enregistré après la montée de la canne pour laisser le temps à l'appât de redescendre tranquillement dans la couche d'eau. Le mouvement du poisson mort peut être comparé à une feuille morte qui virevolte naturellement avec le vent. En quelques minutes, ce sont encore deux brochets que je capture avec cette technique meurtrière. David me demande une monture pour essayer cette technique nouvelle à ses yeux. J'apprécie sa demande et sa curiosité vis à vis d'une technique inconnue. Seul un passionné réagit de la sorte en transitant aussi vite. Après quelques conseils sur les mouvements à appliquer, c'est avec brio qu'il capture deux brochets. Je ne pense pas que les brochets soient déjà axés sur la nourriture, car ils finissent tout juste de frayer. Ils sont à proximité des zones de fraie, sur des hauts fonds qui n'excédent pas les 1,5 m. Les poissons capturés sont principalement des mâles encore agressifs par rapport aux intrus, rentrant dans la dite zone. La perche est considérée comme une intruse, elle est très productive à cette époque de l'année. La particularité de la perche est la robustesse de sa peau, vous pouvez prendre plusieurs brochets avec, avant qu'elle ne soit déchirée. Nous prendrons encore deux autres brochets de taille moyenne pour clore cette première journée. Nous quittons David sur le quai, il repart à sa caserne en fin d'après-midi.

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Une pêche du bord dans le campement Dans la soirée je pars à pied faire le tour du camp avec ma canne et ma boite à leurre. Le vent puissant de la pleine journée commence tout juste à tomber, il est 19heures. Je pense à cette immense baie que personne ne pêche jamais, je décide d'insister sur la zone la plus proche du port à bateaux, à seulement 200 mètres du chalet, là où personne ne pense jamais à pêcher. L'eau est peu profonde à peine 50 cm, elle a du chauffer très vite car elle n'est pas exposée. La cuiller est encore le leurre le mieux adapté pour ce type de poste. Je prospecte méthodiquement toute la baie en m'arrêtant tous les 20 mètres juste derrière les caravanes. C'est après une demi-heure de pêche que j'ai la première touche, la fatigue étant, je rate le poisson qui provoque un très beau remous en surface. Après trois ou quatre lancers sur ce remous, le poisson attaque la cuiller. Le brochet part au large et fait chanter mon moulinet, je vois en surface ses reins qui sont larges comme ma main. J'ais la hantise qu'il ne passe sous les herbes et ne se décroche. Je le bride au maximum pour le maintenir en surface mais je n'ai pas le dernier mot et il fait demi-tour en disparaissant sous les herbes très denses. Pendant plusieurs secondes je n'ai plus aucun contact, aucune vibration dans la canne. Perdu pour perdu je décide de tirer de toutes mes forces pour décoincer la ligne. Je le vois alors réapparaître là, à quelques mètres de moi, il est magnifique. Plusieurs minutes me sont encore nécessaires pour le saisir en lui bloquant avec une main la tête contre la berge. Ce n'est pas un poisson très gros, mais il est assez long, c'est une belle femelle qui a frayé, d'environ 10 livres pour 95 cm. Monsieur Gatti n'étant pas très loin a été alerté par l'attroupement de touristes qui est venu voir le poisson, il accourt très vite avec l'appareil photo pour mémoriser cette capture.

Une remise en question Notre deuxième journée commence par la préparation de l'embarcation, le plein a été fait la veille. Mon compagnon embarque vers 8 h. Nous prenons la direction opposée à la veille pour découvrir une nouvelle zone de pêche. Nous avions pris soin avant de quitter David, de nous faire indiquer sur la carte, les secteurs les plus appropriés à cette saison dans cette zone. A peine 5 minutes après notre départ, après avoir contourné par la gauche la presqu'île de Dragsö, nous arrivons à l'entrée d'une petite baie peu profonde. Nous commençons par pêcher le chenal d'entrée qui n'excède pas les 1,5 m. Après 15 minutes sans touche, je relève le moteur au maximum pour pénétrer à l'intérieur de la baie à la rame. Nous voyons en nous rapprochant tout doucement dans à peine 80 cm d'eau, plusieurs poissons qui fuient à notre arrivée. Le nombre est moins impressionnant que la veille. Après quelques minutes de pêche, nous capturons chacun notre tour un brochet de taille très modeste. Puis c'est le calme plat. Nous nous déplaçons à deux reprises pour bien exploiter chaque partie de la baie. Mais nous ne reprenons pas de poissons. Nous exploitons un peu plus loin une deuxième baie excellente d'après David qui nous l'a conseillé, mais là encore c'est le fiasco. Il n'y a pas de doute, c'est la fin du fraie, les brochets ne sont plus dans les baies depuis hier, ils sont en pleine transition. Nous ressortons vers l'extérieur, mais en quelques secondes nous sommes balayés par des rafales de vent glacé.

Recherche à la traîne Le soleil éclaire l'eau, nous décidons de changer notre fusil d'épaule. La pêche à la traîne semble ce matin la mieux appropriée pour parcourir de grandes surfaces au hasard. Pour être efficace, nous montons tous les deux un rapala flottant à billes que nous traînons sur le flanc et à l'arrière des îles à l'abri du vent. En moins d'une heure cette technique que je n'apprécie pas particulièrement nous rapporte pas moins de 8 poissons sur des secteurs assez ciblés peu profonds. Ce sont quelquefois les techniques les moins sportives qui sont les plus productives. Le vent devient de plus en plus puissant et devient un élément perturbateur pour la traîne. Nous installons le poids et plaçons l'embarcation cette fois-ci non pas sur les haut-fonds mais à proximité des cassures dans environs 4 à 5 mètres d'eau. L''échosondeur est utilisé, afin d'être très précis sur le placement.

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Pêche au leurre souple sur les cassures La pêche au leurre souple est pratiquée à l'aide d'une monture au manier plombée en 6 gr. Le leurre choisi est un twist blanc Mean Dude ou un Sandra blanc. Nous découvrons grâce au sondeur couleur un fond de 4 m avec de nombreuses herbes filamenteuses, suivie d'une cassure très nette à 10 m. Nous confirmons la présence des herbes après en avoir remonté plusieurs avec nos montures. Après une dizaine de minutes sur le poste, j'ai une première touche qui est d'une violence inouïe. Le brochet sonde sous le bateau et me prend une dizaine de mètres de fil. J'évite de justesse la corde du poids Au terme d'un très beau combat, je vois apparaître mon adversaire qui arrive en surface en pleine forme. C'est une belle femelle d'une dizaine de livres que nous relâchons très vite en pleine eau. Gatti capture par la suite deux poissons de taille identique au mien. Durant tout le restant de la journée, nous allons reprendre 6 ou 7 poissons de la même taille en pêchant uniquement avec des leurres souples.

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Bilan du séjour

Les captures

Notre troisième et quatrième journée se déroulent difficilement car le vent est très puissant, il nous empêche d'exploiter sérieusement les zones les plus intéressantes. Nous avons capturé à deux pêcheurs au cours de ce séjour malgré cette période transition, une quarantaine de brochets dont le poids variait entre 2 et 6 kg. Plusieurs poissons sur la fin du séjour étaient d'une taille plus importantes, c'étaient principalement des femelles qui avaient frayé. Hormis 3 ou 4 poissons que nous avons consommé, tous les autres sont repartis à l'eau immédiatement après les photos, dans de très bonnes conditions. Sur place vous aurez le droit de tuer un poisson par jour et par pêcheur pour vos repas. Les brochets de Dragsö sont délicieux, ils ne sont pas gras et n'ont pas d'arrière goût.

Période de pêche

La première période de pêche s'étale du 15 avril au 15 mai, c'est la reproduction, les brochets de grande taille se capturent dans 50 cm d'eau, secteur des bordures. La deuxième période est l'après frai, c'est la transition des brochets, les poissons se dirigent vers les zones de nourrissage, ils recherchent les harengs environ 15 mai au 30 juin.sur des zones variant entre 4 et 8 mètres secteur central, îles. La troisième période est la période d'été, l'eau dépasse les 22°C, les brochets transitent sur l'extérieur de l'archipel, ils suivent la nourriture, de début juillet à fin août. La dernière période est la préparation à l'hivernage, le vent brasse l'eau, l'oxygène remet les brochets en appétit, c'est à nouveau le nourrissage. Ils reviennent dans le secteur central, ils sont mordeurs, de début septembre au 15 octobre.

Le matériel à emmener