Les grosses truites sont encore nombreuses dans les rivières, malgré la sécheresse de l’été dernier qui a fait de gros ravages dans nos populations de salmonidés. La traque de ces gros poissons est devenue une spécialité pour quelques habitués, qui maîtrisent parfaitement la pêche de la godille et qui vont tout au long de la saison capturer de nombreuses truites de très belles tailles. La particularité de cette technique est de proposer un appât conséquent qui va sélectionner les plus gros spécimens tout en préservant toutefois un matériel de finesse, pour faire face à des truites devenues avec l’âge, de plus en plus méfiantes …
La pêche active est de mise pour dénicher les plus gros spécimens qui, au fil des saisons, vont changer leur habitat dans la rivière ;
A l’ouverture, l’eau est froide, la nourriture n’est pas encore abondante. Les poissons sont encore frêles après une reproduction difficile car ils ont puisé dans leurs réserves d’énergie. Leur appétit va croître de jour en jour avec le réchauffement de l’eau. Un beau gardon, ou une ablette, maniés par des doigts de maître et passant dans le voisinage de leur niche ne les laissera pas insensibles.
Les privilégiés qui disposent d’un grand espace, ont aménagé durant l’hiver un lieu destiné à la conservation de leurs vifs : aquarium, vieux congélateur ou bassin dont le fond est généralement recouvert de graviers, vont servir de lieu de stockage pour un bon nombre de vifs. Les vifs capturés pendant la fermeture des carnassiers sont généralement assez solides. Prenez garde toutefois aux chocs thermiques lorsque vous ramenez vos vifs chez vous. Il est nécessaire de procéder à un réchauffement de l’eau de votre seau de transport en introduisant à l’intérieur et ceci à plusieurs reprises une quantité d’eau de votre bassin. Il est également nécessaire de laisser stabiliser les poissons durant plusieurs minutes entre ces échanges de températures. Une pompe recyclant l’eau et munie d’un aérateur, va maintenir ces appâts en bonne santé. Ce système demandant un entretien minimum va vous permettre d’être au top dès le mois de mars pour pratiquer votre activité favorite. Une fois la bonne quantité de vifs amassés, vous allez pouvoir enfin commencer les choses sérieuses.
Elle se pratique jusqu’à ¾ aval en maintenant votre canne à 12 heures.
Les mouvements de poignet sont brefs mais réguliers.
C’est à la fin de l’arrondi, juste à l’instant où l’appât va ralentir pour amorcer un grand virage, que 80 % des truites vont se faire berner par ce changement de direction.
L’attaque est très franche et peu de poisson se décrochent du fait que le triple est d’un piquant irréprochable.
Pour les grands courants, la pêche au roulé reste une méthode incontournable.
Vous ressentez à tout moment les galets taper dans votre montage, c’est une technique qui reste très agréable à pratiquer.
Pour les postes de bordure, il est important de ne pas entrer trop vite dans l’eau avec les waders.
Les poissons sont embusqués durant la journée sous les souches et les blocs de rochers, et c’est souvent sur ce type de poste, après avoir insisté longuement, que vous prendrez vos plus grosses truites.
Prenez garde en arrivant sur un poste, de bien enregistrer tout ce qu’il y a autour pour pouvoir pendant le combat avec une belle truite préméditer et contrer sa fuite.
Déplacez- vous à pas feutrés sur chaque bordure en évitant de déplacer les blocs de pierre sur le sol qui vont provoquer des ondes de choc néfastes à votre traque.
Sachez visionner l’eau, pour découvrir les meilleurs secteurs sans perdre de temps.
Les premiers postes typiques à exploiter dans les grandes rivières à l’ouverture, lorsque vous ne connaissez pas bien le terrain, sont des grandes gravières où les truites vont venir chasser au lever du jour. Vous ne trouverez pas les plus gros spécimens sur ces zones, mais vous aurez quelques touches qui vous permettront de positiver pour insister en cours de journée sur des secteurs beaucoup plus difficiles. Dans tous les cas insistez jusqu’au lever du soleil avant de vous déplacer. Le poisson monte forcément pour chasser et se nourrir lorsque l’activité est à son paroxysme. Un contre courant à proximité d’une fosse est une zone propice. Vous abordez en toute discrétion ces zones de confort où les truites se tiennent au repos et sont beaucoup plus méfiantes que si elles sont en activité. Soyez méthodiques lorsque vous évoluez le long d’une berge, ne passez pas des grandes longueurs de rivière sans pêcher. Plus tard quand la luminosité est importante recherchez les caches. Une berge effondrée ou une souche qui baigne dans l’eau constituent des abris potentiels, ne les négligez pas. Sachez revenir sur un poste si vous avez un pressentiment, exploitez le !
A l’ouverture, une paire de waders est indispensable, elles vous maintiendront au chaud durant toute la partie de pêche surtout dans les périodes d’inactivité du lever du jour jusqu’au lever du soleil.
Elles vous permettront également de traverser des zones difficiles :îles, tas de branches, passage à guet etc.…
Equipez vous léger en intégrant tout votre petit matériel dans une veste multi-poches pour vous éviter de traîner une lourde musette qui va vous ralentir à travers les ronciers.
Si vous conservez vos poissons, un simple chiffon humidifié peut faire l’affaire.
Vous n’aurez plus qu’à faire glisser la truite enroulée dans le chiffon après l’avoir tuée dans votre gibecière.
La traque des grosses truites n’est pas une recherche simple, elle demande de grandes qualités de la part du pêcheur qui doit rester tout au long de la journée très attentif, patient et persévérant sur des secteurs difficiles où les poissons ne sont pas toujours coopérants.
Une bonne connaissance de la rivière est indispensable pour insister sur les meilleurs secteurs au moments où les truites vont se mettre en activité.
Ces périodes sont courtes, il ne faut pas les rater.